L’âge de raison des « petits frères » du rap marseillais
Le Monde a entrepris une comparaison des styles de rap marseillais d’une génération à l’autre. « Entre le rap de Soprano et celui d’Alonzo, membre comme lui des Psy4 de la rime, analyse l’article, c’est le grand écart, deux manières de concevoir le rap en français : l’un proche de la variété française, l’autre de la vie des quartiers difficiles, sans distance, en prise directe avec la rue ». Ainsi Soprano raconte qu’il a bénéficié d’une prise en charge des « grands-frères » qui l’ont sorti de la rue alors que pour lui, son collègue Alonzo « fait partie d’une génération qui a du faire face à l’argent facile. (…) Ma génération qui a été sauvée n’a pas fait le boulot ».
On retrouve aussi le témoignage d’Imhotep d’IAM, qui, en dépit des grands écarts de styles, a appris à apprécier son benjamin Jul. Il le place toutefois dans une ère désabusée : « À notre époque, nous pouvions rêver qu’on allait changer le monde, qu’il y avait des alternatives politique, culturelle aux courants dominants. Autant aujourd’hui, pour eux, c’est de l’histoire ancienne ». Peu à peu, les nouvelles générations de rappeurs s’affranchissent de l’héritage des anciens. Le rap marseillais finira peut-être par sortir du rap des « petits frères ».
Source : Le MondeVous avez un compte ?
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